Sylvie Lander/ UNE GENESE/ Etude/ VITRAUX/

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UNE GENÈSE/ projet de vitraux pour l'église de Gunsbach, 2019

Plans et études


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Sylvie Lander/ UNE GENÈSE/ projet de vitraux pour l'église simultanée de Gunsbach, plan , 2019

UNE GENÈSE

projet de vitraux, église simultanée de Gunsbach

 Si l’état des vitraux actuels de Saint-Hymère justifie à lui seul le remplacement, la nouvelle envergure donnée à la maison d’Albert Schweitzer, avec la construction d’extensions à l’architecture contemporaine, encourage à donner aussi un nouvel éclat et un rayonnement à l’église qui se situe en face.

 

Pour ce qui concerne les vitraux, rapidement le thème : « Die Ehrfurcht vor dem Leben / Le respect de la Vie », promu par Albert Schweitzer, s’imposa au groupe de travail.

 

D’un autre côté, la configuration particulière des baies, avec une rangée de 3 au Nord, une autre symétrique, juste en face au Sud, amena vers les 6 jours de la Création.

 

Le chœur qui accueille deux verrières très éloignées l’une de l’autre et détachées aussi des 6 de la nef, très naturellement ouvrit au septième jour, celui de la contemplation.

 

On voulut également naviguer entre une vision figurée et suffisamment lisible par chacun, y compris les plus jeunes ou les plus anciens, et des éléments abstraits permettant méditation, recueillement et rêverie.

 

Dès la première baie, la vision frontale et première relate lumière et ténèbre, suspendues dans l’infini du cosmos. Une vision plus documentée pourra relever un ensemble de points lumineux dont l’ordonnancement ne doit rien au hasard ni à la fantaisie de l’artiste. En effet, il s’agit là de la vision la plus contemporaine, la plus actuelle, de l’extrême profondeur de notre univers telle qu’elle a été publiée en mai 2019 grâce à un assemblage de 7500 images prises par le télescope Hubble pendant 16 ans. L’image contient un total de 265 000 galaxies.

 

Ce masque traverse dès lors chacun des 8 vitraux, toujours à la même échelle, comme un leitmotiv, un bruissement permanent, un rappel incessant de notre appartenance à l’immensité de la profondeur cosmique.

 

La gamme chromatique des verrières Nord se poursuit à partir du violet, en passant par le bleu de la séparation des cieux du deuxième jour pour finir sur les bleus et verts du jour de la verdure, des herbes portant semence et des arbres créés au troisième jour.

 

Ces teintes à dominante froide s’inscrivent dans la tradition verrière qui habille ainsi très souvent le nord des édifices religieux.En face, côté sud, les teintes chaudes ouvrent à un nouveau champ. C’est le quatrième jour avec la course des planètes, les luminaires au firmament, avec toujours le masque de Hubble.

 

La verrière aux animaux demande une attention un peu particulière. Inspirés de planches d’études documentaires du XVIII e siècle, on reconnaîtra des poissons exotiques des mers du sud : ils appellent au voyage, comme aussi l’hirondelle, oiseau migrateur cher à l’Alsacien de Lambaréné (cf. film sur A.S.)

 

Poursuivant la déclinaison du spectre chromatique, du jaune en passant par l’orange, on arrive au rouge du sixième jour. L’Homme, seul face à l’infini de l’univers, interrogatif, perplexe, se trouve placé en lisière d’un espace anamorphique qui dément la vision géocentrique des anciens, en un moment très contemporain.

 

L’univers s’ouvre en entonnoir au centre de l’image où la Voie lactée est particulièrement lisible.

 

Le chœur avec son agencement particulier et ses deux verrières séparées de tout, pose des problèmes d’inscription dans l’espace. Le parti-pris a été celui d’un changement d’échelle, avec un effet de zoom. Le traitement chromatique en triangle (noir vert et jaune / rose incarnat) casse la confrontation duelle reliant de manière équilibrée les deux vitraux tout en s’harmonisant aux couleurs des verrières de la nef.

 

L’abstraction des formes offre au regard un espace invitant à la contemplation. On répond ainsi tout à la fois à ce particularisme du septième jour contemplatif et à un appel à la transcendance. Ces baies du chœur seront traitées avec légèreté, dans le translucide.

 

L’observateur aura noté les empreintes digitales placées dans le haut de la verrière de gauche et son pendant dans le bas de celle de droite.

 

Cette trace si individuelle et si commune à la fois, si personnelle et si universelle, ce particularisme de l’humain porte ici toute sa symbolique. On y verrait la trace biométrique d’identification, la rencontre des doigts à la voûte de la Sixtine, la trace de l’artiste pariétal.

 

Sylvie Lander, novembre 2019

Groupe de travail avec l'artiste

Sous la houlette éclairée du pasteur Alexandra Breukink, s’est réunie une commission œcuménique chargée d’envisager avec Sylvie Lander, un projet de nouveaux vitraux. Le groupe de travail a organisé 10 réunions de juillet 2018 à novembre 2019.

 

Le groupe était constitué de membres du Conseil Presbytéral de la paroisse protestante, de membres du Conseil de Fabrique de la Communauté de la paroisse catholique, des deux Maires des Communes de Gunsbach et de Griesbach-au-Val, de l’organiste responsable du suivi de l’orgue, ainsi que des membres de la Maison Schweitzer.

 

En 2022, le projet a été abandonné suite à une opposition au sein du conseil municipal qui jugeait le projet trop audacieux.


MAQUETTES

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Sylvie Lander/ UNE GENÈSE/ projet de vitraux pour l'église simultanée de Gunsbach, choeur, 2019
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Sylvie Lander/ UNE GENÈSE/ projet de vitraux pour l'église simultanée de Gunsbach, baie nord, 2019
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Sylvie Lander/ UNE GENÈSE/ projet de vitraux pour l'église simultanée de Gunsbach, baie sud, 2019

Un texte peu connu d'Albert Schweitzer :

Le chœur catholique que j’avais sous les yeux me semblait le comble de la magnificence. L’autel tout brillant d’or et orné de gros bouquets de fleurs artificielles ; les grands candélabres en métal, surmontés de cierges majestueux ; adossés au mur au dessus de l’autel, entre les deux fenêtres, deux statues dorées qui, à mon sens, représentaient Joseph et Marie ; tout cela, baigné des rayons qui pénétraient par les fenêtres du chœur, exaltait mon imagination d’enfant. Puis, à travers les vitraux, les yeux se portaient sur les arbres, les toits, les nuages, le ciel, sur tout un monde qui prolongeait le chœur de l’église à des distances illimitées et les transfigurait. Ainsi mon regard passait du monde fini au monde infini. Le calme et la paix berçaient mon âme.

 

Ces souvenirs de jeunesse m’empêchent d’éprouver grande sympathie pour les tentatives de créer un type d’église protestante. Je ressens une vraie tristesse a voir les édifices où des architectes modernes ont prétendu réaliser l’idéal du « lieu de prédication ». Non, l’église est plus qu’un local où l’on va entendre un sermon. C’est un lieu de recueillement, et les dispositions architecturales doivent tendre à ce but. Elles n’y atteignent pas si le regard se heurte de tous cotés a des murailles. L’œil a besoin de lointains mystérieux ou l’on passe peu a peu du spectacle extérieur à la contemplation intérieure. Le chœur n’est donc pas un aménagement propre au catholicisme ; il est essentiel a l’église. Puisque, par nature, le service protestant est d’une simplicité un peu froide, il faut que l’architecture se garde d’accuser cette froideur. Le lieu du culte doit compléter le culte même, et de concert avec la parole, le chant et la prière, contribuer à élever l’âme. »

 

Souvenirs de mon enfance, Albert Schweitzer, Ed. Albin Michel, 1951


SIMULATION IN SITU

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Sylvie Lander/ UNE GENÈSE/ projet de vitraux pour l'église simultanée de Gunsbach, simulation In Situ, 2019
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Sylvie Lander/ UNE GENÈSE/ projet de vitraux pour l'église simultanée de Gunsbach, simulation In Situ, 2019
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Sylvie Lander/ UNE GENÈSE/ projet de vitraux pour l'église simultanée de Gunsbach, simulation In Situ, 2019

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